Les écoles chrétiennes attaquées par les kurdes dans le Nord-Est syrien

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Un silence lourd plane sur les bancs vides des écoles chrétiennes du Nord-Est syrien. Là où, hier encore, résonnaient les rires des enfants et les chants d’ouverture de classe, ne subsistent aujourd’hui que des portes closes et des couloirs vides.

Depuis la rentrée, toutes les écoles chrétiennes de la région ont été contraintes de fermer.
La raison : les autorités kurdes, qui contrôlent le territoire, imposent désormais leur propre curriculum scolaire, rédigé par l’administration autonome du Nord-Est syrien. Mais ce curriculum n’est reconnu ni par l’UNICEF, ni par aucune nation, ce qui rend les diplômes qu’il délivre sans aucune valeur. Autrement dit, les enfants qui y étudient ne peuvent ni poursuivre leurs études à l’université, ni même faire reconnaître leur parcours ailleurs en Syrie.

Face à ce dilemme tragique, les écoles chrétiennes refusent de trahir leur mission éducative. Elles veulent continuer à enseigner le programme officiel syrien, seul garant d’un avenir reconnu pour leurs élèves. Pour ce refus, elles paient aujourd’hui un prix terrible.

« Les écoles ont tenté d’ouvrir malgré tout. Quarante-cinq minutes après le début des cours, les Forces Démocratiques Syriennes sont entrées dans les classes et ont ordonné à tout le monde de sortir », témoigne un représentant d’une Église locale.

Les conséquences sont immédiates : des milliers d’enfants privés d’école, des familles contraintes à l’exil intérieur, fuyant vers d’autres villes syriennes pour que leurs enfants puissent simplement apprendre à lire, à écrire, à rêver.

Désormais, les écoles chrétiennes n’ont plus que trois options :

  • Accepter le curriculum kurde et perdre les familles qui refusent d’y soumettre leurs enfants ;
  • Se reconvertir en simples centres de langues ;
  • Ou se limiter à la maternelle, seule tranche d’âge encore tolérée par les autorités locales.

Les représentants des Églises ont demandé audience à Mazloum Abdi, le chef des Forces Démocratiques Syriennes. Mais leur appel reste, pour l’instant, sans réponse.

Dans une région déjà marquée par la guerre, l’exode et la pauvreté, c’est désormais l’éducation chrétienne qui vacille. Et avec elle, tout un pan de l’identité syrienne, ce tissu de diversité et de foi qui, depuis des siècles, faisait la richesse de ces terres.

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