À Rosette, dans le nord de l’Égypte, l’église copte orthodoxe historique de la Vierge Marie a une fois de plus été la cible d’une attaque. Cette fois, les assaillants ne sont pas de simples extrémistes anonymes : il s’agit des fils d’un haut magistrat, hommes influents agissant comme des voyous, déterminés à détruire le monument avant toute inspection officielle. Heureusement, l’intervention de la police a permis de stopper la démolition en cours.
Depuis 2009, cette église du XIXᵉ siècle a été progressivement détruite : d’abord le clocher, puis de larges sections du bâtiment, et aujourd’hui ses toits et coupoles. Le prêtre de la paroisse, le père Luka Asaad, a courageusement dénoncé ces faits, malgré les agressions et intimidations qu’il a subies.

Démolition illégale de l’église de la Vierge Marie à Rashid commandité par le fils d’un haut magistrat.
Les assaillants invoquent un prétendu achat de l’église dans les années 1990 pour justifier leurs actes. Mais la loi égyptienne est claire : les églises, comme les mosquées, ne peuvent être vendues ni détruites. Ce différend judiciaire traîne depuis plus de quinze ans sans résolution, laissant la porte ouverte à ce type de violations.
Le drame ne s’arrête pas à l’église. En août 2025, le mur du cimetière copte de Rosette, récemment construit et légalement autorisé, a été rasé sans préavis par les autorités locales. Les prêtres ont dénoncé cette atteinte à la dignité des morts et au respect des traditions chrétiennes.
Ces événements ne sont pas isolés. À travers l’Égypte, les communautés chrétiennes voient leurs églises fermées, confisquées ou détruites, tandis que les sites musulmans restent protégés. Rosette illustre ainsi un phénomène plus large : l’effacement progressif du patrimoine chrétien et la marginalisation des Coptes dans leur propre pays.
Jeunesse du Levant condamne fermement ces actes et appelle à la protection des églises et des cimetières chrétiens, garants de l’histoire et de l’identité d’une communauté présente depuis des siècles en Égypte.
