2025 : retour sur une année de tensions pour les chrétiens d’Orient

Accueil » Non classé » 2025 : retour sur une année de tensions pour les chrétiens d’Orient
0 commentaire

L’année 2025 confirme les tendances observées depuis plusieurs années : violence, exode et pressions politiques, mais aussi résilience des chrétiens d’Orient. Retour sur les événements qui ont marqué cette année.

Le 22 juin, un kamikaze a ouvert le feu puis s’est fait exploser dans l’église grecque-orthodoxe Mar Elias, située dans le centre de Damas, en pleine liturgie. L’attaque a fait une trentaine de morts et de nombreux blessés. L’organisation responsable, un groupe djihadiste, a ciblé les fidèles de manière délibérée, transformant ce lieu de culte en théâtre de violence.

Cet attentat a secoué une communauté déjà fragilisée par des années de guerre et d’insécurité. Il a rappelé que même dans les zones supposées sécurisées, les chrétiens demeurent des cibles, ce qui a renforcé le climat d’angoisse et a accéléré l’émigration des familles chrétiennes.


Deux jours après l’attentat, lors des funérailles des victimes, le patriarche grec-orthodoxe Jean X d’Antioche a pris la parole avec une rare fermeté politique. Il a dénoncé l’incapacité des autorités syriennes à protéger les communautés chrétiennes et a appelé à une réaction concrète. Ce discours a marqué une rupture symbolique avec le gouvernement, jusque-là protégé par un équilibre de prudence entre Église et État.

Depuis cette déclaration, la relation entre le patriarche et le gouvernement syrien a évolué. Si les tensions étaient initialement exprimées par des critiques voilées ou diplomatiques, elles sont devenues plus visibles, avec un dialogue parfois conflictuel sur la sécurité et la protection des minorités chrétiennes. Dans les mois suivants, l’Église a multiplié les prises de position publiques sur l’émigration et la survie de ses communautés, tandis que le gouvernement a répondu par des promesses ponctuelles de renforcement de la sécurité autour des lieux de culte. Cette évolution traduit un bras de fer latent, oscillant entre coopération nécessaire et revendication d’indépendance morale et politique.


Tout au long de l’année, les rapports ont confirmé que la population chrétienne en Orient continue de chuter. La guerre, les attaques ciblées et l’insécurité constante ont provoqué un exode massif, tandis que les familles qui restent peinent à maintenir leurs institutions et leur vie communautaire. Le déclin n’est pas seulement numérique : il touche aussi les structures sociales, éducatives et religieuses qui constituent le tissu de la communauté. Cette réalité a été renforcée par les incidents tels que l’attentat de Damas, qui rappellent que la présence chrétienne en Orient reste précaire.

En un siècle, la pourcentage de chrétiens en Syrie est passé de 12% à 2% ; en Irak, de 12% à 0,3% et au Liban, de 58% à 20%.


Le village de Taybeh, en Cisjordanie, a subi plusieurs attaques répétées de colons : véhicules incendiés, vandalisme et intimidation des habitants. Ces incidents ont mis en évidence la vulnérabilité des minorités chrétiennes dans un contexte de tensions territoriales persistantes. Taybeh est aujourd’hui le dernier village entièrement chrétien de la région, et ces attaques soulignent le risque d’effacement progressif de ces communautés historiques. Malgré ces pressions, les habitants tentent de maintenir leur quotidien, leurs traditions et la visibilité de leur village.


Le pape Léon XIV a effectué son premier voyage apostolique international en Turquie et au Liban, rencontrant autorités politiques et leaders religieux. Son message a été clair : la coexistence et la survie des chrétiens du Moyen-Orient nécessitent un soutien concret et continu. Ce voyage a donné une visibilité internationale aux défis rencontrés par ces communautés, rappelant que leur survie dépend autant du soutien international que des initiatives locales. Les rencontres avec les Églises locales et les autorités libanaises ont aussi mis en lumière les efforts déployés pour freiner l’émigration et maintenir une présence chrétienne active au Liban.


Pour la première fois depuis plusieurs années, Bethléem a célébré Noël sur la place de la Mangeoire avec la messe de minuit et les traditions locales. Cette reprise marque un acte de résistance symbolique : malgré la peur, les départs de familles chrétiennes et les contraintes sécuritaires, la communauté chrétienne refuse de renoncer à ses rites. Cependant, la célébration reste fragile, le nombre de fidèles ayant fortement diminué, et la sécurité demeure un enjeu central.


À Gaza, moins de 500 chrétiens ont pu célébrer Noël pour la première fois depuis trois ans. Les conditions y sont extrêmement difficiles, entre conflit, reconstructions et pressions quotidiennes. Cette célébration modeste témoigne néanmoins de la persistance et de la résilience des communautés, qui continuent de pratiquer leur foi malgré la réduction drastique de leur nombre et les contraintes imposées par l’environnement sécuritaire.


2025 a montré que la survie des chrétiens d’Orient n’est jamais acquise. Les violences, la pression politique et l’exode constituent un contexte hostile, mais la ténacité des communautés est manifeste à travers leurs célébrations, leurs rites et le soutien international. La relation entre Église et État, notamment en Syrie, s’est tendue et a révélé la nécessité d’une protection réelle des minorités.

L’année se conclut sur un paradoxe : fragilité extrême et volonté de résister coexistent, et la question reste ouverte : comment préserver ces communautés historiques dans un environnement de plus en plus complexe et dangereux ?

Aujourd’hui, vous pouvez agir concrètement pour soutenir ces familles, ces écoles et ces villages qui tentent de rester sur leurs terres. Chaque don contribue à protéger leur présence, à financer les projets éducatifs et humanitaires et à maintenir vivantes leurs traditions chrétiennes millénaires. De plus, en tant que donateur à Jeunesse du Levant, vous bénéficiez d’une réduction d’impôt : 66 % du montant de votre don est déductible de votre impôt sur le revenu.

Catégorie:

Laisser un commentaire

Votre adresse e-mail ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *

Related Posts

femme copte Enlèvements et conversions forcées de jeunes filles coptes en Égypte
Depuis plusieurs décennies, la communauté copte d’Égypte alerte sur un phénomène grave et profondément traumatisant
Le jeûne de la Nativité chez les Coptes : pourquoi dure-t-il 43 jours ?
Chaque année, dès novembre, les chrétiens coptes orthodoxes d’Égypte entrent dans un temps de jeûne